Le visage derrière les visuels de la Saison de la Lune

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Le visage derrière les visuels de la Saison de la Lune

Publié le 23 février 2023
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Marie Benattar : Artiste photographe

Les visuels des temps forts de la saison 2022-2023

Vous avez certainement dû les croiser sur un panneau publicitaire, afficher à l'Opéra ou un magazine du Grand Avignon depuis le début de la saison. Les visuels déjà aperçus cette année du Chevalier à la Rose, D'un matin de printemps, de Rinaldo et prochainement de Il Turco in Italia sont les œuvres de la photographe Marie Benattar. N'hésitant pas à se mettre elle-même en scène, nous la retrouvons sur l'affiche principale de notre saison en tant que personnification de la Lune flottant dans le ciel.

Un parcours remarquable dans l'univers de la photographie

Marie Benattar est née à l’Ile de la Réunion, en 1984. Elle étudie la peinture à Bali puis aux Beaux-Arts de Clermont-Ferrand, avant de se consacrer à la photographie.
À l’issue de son cursus à l’EFET, dont elle sort major, elle reçoit le prix Marc Grosset 2010, dans la catégorie Photographie Plasticienne (prix international entre écoles de photographie) et expose aux Promenades photographiques de Vendôme. Elle se voit attribuer la Bourse du talent dans la catégorie Mode, en 2013. Son travail est exposé l’année suivante à la BNF, ainsi qu’à l’atelier Yann Arthus-Bertrand lors du mois de la photo. S’ensuit des travaux de commandes dans le domaine de la mode, du vin et spiritueux notamment avec une série réalisée pour la maison de Champagne Louis Roederer. En 2022, elle réalise sa première commande publique pour TPM avec un travail sur le site des vieux salins d’Hyères. Une année fleurissante durant laquelle l’Opéra Grand Avignon lui propose d’être l’Artiste Associée à la saison 2022-2023, sur un thème rêvé, celui de La Lune.

Une appropriation personnelle de l'espace

Marie crée des images essentiellement conceptuelles, qui distillent à la fois poésie, et humour. Elle réinvente, sculpte, s’approprie, recompose l’espace.
Des histoires se tissent, des saynètes se jouent au centre de ces allégories, des personnages au service d’une mise en scène à l’esthétisme audacieux, où les influences picturales ne sont jamais loin. Tantôt constructivistes au processus géométrique élaboré, tantôt futuristes à l’aspect bricolé, ou même encore romantique à l’expressivité sensible et spirituelle, les images de Marie Benattar sont incontestablement des « photographies tableaux ». Etat d’âme d’une réalité transcendée dans laquelle rien n’est jamais figé, le travail de Marie Benattar est une invitation hors du temps. 
Galerie Bettina, Paris

Marie Benattar, la photographie comme liant entre le réel et l’imaginaire

Mon travail artistique me permet d’observer le monde en toute indépendance, de l’interroger et de proposer des interprétations sur celui-ci. L’interprétation d’une photographie est pour moi similaire à celle d’un rêve. Et je cherche précisément dans mes images à m’approcher de cette grammaire onirique et de ses signes, tout en y mêlant, je crois, une forme d’humour et une certaine « légèreté » teintée d’optimisme. Photographe, mêlant une approche en lien avec l’art plastique par la réalisation de mises en scènes, de décors et de costumes, c’est dans un temps photographique qu’un univers alternatif et allégorique se jouent avec ma grammaire personnelle de formes, de textures, de couleurs. Au centre, la présence du corps, de femmes le plus souvent.
N’hésitant pas à me mettre moi-même en scène, on peut considérer mon travail comme une forme d’autoportrait, mais ce qui m’intéresse c’est la façon dont la créativité et l’imaginaire jaillit. Un travail de l’instant qui au-delà d’une compréhension rationnelle crée un langage, une matière, des images. Tout en me référant à des pratiques artistiques et picturales c’est un besoin de retour à l’élémentaire qui s’exprime dans mes photographies, trouver des fondements, des fondations pour rebâtir le sens pas à pas. Construire quelque chose de tangible, même si ce tangible s’appuie sur mon imaginaire. Ce que je souhaiterais offrir au regardeur, c’est une invitation à projeter sa logique personnelle et poétique. Qu’il se permette, au-delà d’une compréhension rationnelle, de naviguer vers son propre horizon, libre et salutaire.

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