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Compte-tenu de la non-réouverture prochaine des salles de spectacle et de la contexte sanitaire actuel, l’Opéra Grand Avignon est contraint d’annuler les représentations jusqu’au 4 mai 2021, à savoir : (suite…)

LOOKING FOR BEETHOVEN

  • Dates
Mercredi 24 Mars à 20h30
  • Infos pratiques
  • Tarifs : À partir de 8 euros
  • Opéra Confluence
    Durée : 1h25

Piano et comédie Pascal Amoyel
Mise en scène Christian Fromont
Lumières Philippe Séon

« Le jour qui a changé ma vie n’était pas un jour mais un soir. C’était dans un parc, j’avais 20 ans. L’atmosphère était sereine, propice à la tranquillité. Soudain, j’entendis résonner une musique qui me semblait venir d’un autre monde. Cela faisait des années que j’étudiais le piano, pourtant je ne la connaissais pas. Je rentrai chez moi et fouillai dans mes partitions. Je fus alors pris d’un vertige : c’était du Beethoven… Beethoven ? Impossible, je n’aimais pas vraiment Beethoven ! Pour moi, sa musique était un peu trop «sauvage», comme décousue avec des accès de fureur qui ne laissait pas assez de place pour le rêve, pour la paix. Et pourtant, en ces quelques secondes m’était apparu un univers auquel je n’avais jamais eu accès auparavant… Mais alors pourquoi ? Lorsque j’étais étudiant au Conservatoire de Paris, Beethoven était considéré comme un dieu fait homme. Avant de poser un doigt sur une touche et d’oser jouer sa musique, il nous était vivement recommandé une longue liste de précautions voire d’interdits. Je me souviens que, la peur au ventre, j’entrais dans les classes de maître avec le sentiment de ne pas être à ma place… Me vint alors une question : la musique de Beethoven tordant le cou à toutes les conventions de son époque. Ne devais-je pas moi-même commencer par faire fi des préjugés de la mienne ?
 
Un jour, je rassemblais sur mon piano ses 32 Sonates, véritables sonatesconfessions dans lesquelles Beethoven indiqua y avoir déposé toute sa vie. Ce ne fut alors pas seulement sa vie qui y surgit, mais l’univers tout entier… J’y découvris un être léger, triste, calme, colérique, si loin de l’image figée qu’on m’en avait fait. Surtout, chose impensable, les peines que je ressentais à titre personnel se trouvaient dépassées, comme transcendées à chacune de mes écoutes par une sorte de transmission de la joie. Une Joie musicale qui semblait vouloir terrasser un destin tragique : un petit garçon battu tous les jours par un père ivrogne, un adolescent déçu en amour par des jeunes filles qui se moquent de sa laideur. Et puis aussi l’homme, sourd, voyant mal, continuellement malade… Et pourtant, sa musique, universellement célébrée, dévoile un homme méconnu qui voulait par son oeuvre tracer une Voie pour l’Humanité ».
Pascal Amoyel
 
Avec le soutien de la Spedidam et de l’Adami

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