Site officiel de l'Opéra Grand Avignon
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    à partir de 500 euros

  • Il mondo alla roversa

    Samedi 2 février 2019 à 20h30
    Dimanche 3 février 2019 à 14h30
    A l'Opéra Confluence - Avignon

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    A partir de 13 euros

  • La bohème

    Vendredi 18 janvier 2019 à 20h30
    Dimanche 20 janvier 2019 à 14h30
    A l'Opéra Confluence - Avignon

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    A partir de 15 euros

  • Un spectacle sous le sapin ?

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L’Opéra, hier et aujourd’hui…

Le théâtre, c’est la vie. Le théâtre, c’est la ville.
Au XVIIe déjà, c’est à Avignon que Nicolas Mignard exécute un des plus beaux portraits de Molière, représenté en César dans la mort de pompée. L’épouse du peintre est propriétaire d’un jeu de paume à côté de l’atelier de son mari (à proximité de l’actuel hôtel du Conseil Départemental), Molière y viendra jouer en 1650 l’étourdi, le dépit amoureux. Nicolas et Pierre son frère, retrouveront Molière plus tard à Paris où ces trois artistes multiplieront les collaborations. Sur le plan pictural et architectural, Avignon est une pépinière de talents. Des architectes comme Etienne Martellange formeront Francois Desroyers de la Valfenière et Pierre Mignard, la lignée des très prolixes frères Franque.
 
Au XVIIIe, la renommée de ces artistes avignonnais dépassant très largement les remparts, ils embelliront toutesles cités du sud de la France qui s’extirpent de leur coquille moyenâgeuse pour se mettre en scène. Sous l’impulsion de la contre-réforme, les théâtres s’urbanisent et les villes se théâtralisent. Elles organisent leurs espaces comme autant de décors. Les places ouvrent sur de superbes façades, désignent les lieux de pouvoirs et en célèbrent le faste. De ce double mouvement, naît la première salle de spectacle digne de ce nom à Avignon : le théâtre de la comédie de la place Crillon en lieu et place du dernier jeu de paume en activité. Une vraie salle de spectacle et non un de ces gymnases aménagés en théâtre que Voltaire raillait « un jeu de paume aux décorations du plus mauvais goût, des « spectateurs placés contre tout ordre et toute raison, debout sur le théâtre même, debout dans ce qu’on appelle parterre, gênés et pressés indécemment en tumulte, les uns sur les autres, comme dans les séditions populaires ».
Présenter de grandes oeuvres dans de bonnes conditions artistiques devient un enjeu d’excellence. Le théâtre et l’opéra donnent toute leur noblesse à la cité. C’est une marque distinctive majeure, la noblesse regroupée en société d’actionnaires ne s’y trompe pas, qui fait construire la salle en deux ans (1732 et 1734) « Pour rendre la ville plus agréable j’ai contribué à faire une salle de spectacle qui est assurément la plus jolie de France » écrivait aux côtés de Lord d’Inverness, le duc d’Ormond, dans ses mémoires donnant à l’entreprise une coloration déjà européenne au théâtre d’Avignon.
 
 
Donner un cœur à la ville
En ce début du XIXème, les édiles locaux, faute de moyens, tâtonnent. On commence par raser le couvent Saint Laurent pour le remplacer par un théâtre construit entre 1823 et 1825. Une façade plate de style gréco-romain, formée de deux colonnades superposées, couronnée de huit statues allégoriques, constitue une première et timide tentative de requalification du coeur ancien. Il sera détruit en 1846 par un incendie d’origine criminelle.
 
Vingt ans plus tard sous le second empire, la ville amplifie sa transformation en construisant un nouvel hôtel de ville et un nouveau théâtre. La construction de l’hôtel de ville dans sa version définitive est la résultante de trois projets et de trois architectes de 1837 à 1846. Au final c’est l’architecte Léon Feuchère qui modifie la façade de l’hôtel de ville avec un balcon à 8 colonnes pour homogénéiser la place de l’horloge avec la façade du nouveau théâtre. Reconstruit en un an seulement, le bâtiment de l’Opéra Grand Avignon est aligné sur la même façade que la mairie. C’est une pièce essentielle d’un vaste ensemble : le redéploiement de la place de l’horloge. Cet alignement impératif s’effectuera au détriment du hall de l’opéra et du foyer durablement sous dimensionnés pour leur capacité d’accueil. L’emblématique beffroi moyenâgeux de l’ancien hôtel de ville est relégué au second plan derrière des colonnes néoclassiques, provoquant les sarcasmes du très caustique Prosper Mérimée inspecteur général des monuments historiques. « Mauvais projet », écrit-il a Esprit Requien, « On conserve la tour comme on conserve la grive à Pithiviers en la mettant dans un pâté dont le cou seul passe dehors ».
Ainsi l’Hôtel de Ville et l’Opéra sont construits et pensés en même temps par le même architecte Léon Feuchère, les deux bâtiments ayant même jusqu’à aujourd’hui, une chaufferie commune. C’est dire à quel point l’Opéra est au coeur de la ville : deux façades néo-classiques marquent de leur fronton à colonne cet espace historique entre tous : premier forum de l’époque romaine.
 
 
Et le faire battre…
Mais dans cette course à la distinction, la centralité des lieux et la qualité architecturale ne suffisent pas : pour qu’un opéra soit vraiment un opéra, il lui faut un orchestre capable d’exécuter les grandes oeuvres du répertoire afin de hisser la programmation à un niveau national. C’est une condition essentielle pour attirer sur le plateau les artistes de renommée internationale qui donnent tout leur prestige à l’entreprise. C’est pour cette raison qu’Avignon s’enorgueillit de son orchestre depuis plus de deux cent ans (1814).
Dans sa configuration « Mozart », une quarantaine de musiciens, cet orchestre acquiert après la première guerre mondiale une notoriété nationale sous la baguette de chefs de renom. En 1981, il quitte son statut municipal pour devenir le vingt et unième orchestre régional de France : L’Orchestre Regional Avignon Provence (ORAP). Depuis 2009, il est administré par Philippe Grison.
 
Quand, au sortir de la Seconde guerre mondiale, Jean Vilar fonde le festival d’Avignon en 1947 dans la cour d’honneur du plus grand palais gothique du monde, l’exigence artistique n’a pas faibli, bien au contraire. Devenu en 70 ans, le plus grand festival de théâtre en Europe, il viendra chaque année se produire à l’opéra. La ville lui doit une renommée contemporaine internationale.
 
 
… Aujourd’hui
Alors, quand la commission de sécurité a annoncé à Avignon Capitale Culturelle Européenne en l’an 2000, la possible fermeture du bâtiment en juin 2017 pour non-conformité, la refondation de l’opéra est apparue indispensable. Au regard des liens si particuliers que la ville entretient avec le spectacle depuis si longtemps, il y avait là une logique historique évidente.
 
Depuis juin 2017, le Grand Avignon a donc engagé la restauration de l’un des fleurons culturels de l’agglomération. Afin de conserver une qualité d’accueil et de représentation optimale, des travaux de mise aux normes de la structure sont devenus indispensables. Ils touchent à l’ensemble de l’édifice : agrandissement du hall, amélioration de la visibilité des spectateurs, confort et climatisation de la salle, amélioration et sécurisation des accès, figurent dans le programme des travaux. Ainsi, il s’agit pour le Grand Avignon, qui gère l’Opéra, de redonner de l’élan à ce prestigieux établissement d’intérêt communautaire qui rayonne bien au-delà des remparts d’Avignon, de par la qualité de ses productions et des spectacles présentés.
Par cette refondation de l’Opéra Grand Avignon, la communauté d’agglomération entend déployer un nouveau projet culturel, avec une priorité donnée à la jeunesse et à la recherche de nouveaux publics.